Lundi : 10 km en 1 h 00 min en trottinant
Mardi : Repos
Mercredi : Repos
Jeudi : Repos
Vendredi : 157 km en 31 h 56 min
Samedi : Repos
Dimanche : Repos
Total de la semaine : 167 km et 9 560 m D+
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11 octobre 2008 à 15 h :
- 12 km de la montée de la croix du Sud
11 novembre 2008 à 9 h 45 :
- semi marathon de Bonson
http://leslieuesforeziennes.over-blog.com
22 novembre 2008 à 10 h 30 :
- marathon du Beaujolais nouveau
http://www.marathondubeaujolais.org
Lundi : 10 km en 1 h 00 min en trottinant
Mardi : Repos
Mercredi : Repos
Jeudi : Repos
Vendredi : 157 km en 31 h 56 min
Samedi : Repos
Dimanche : Repos
Total de la semaine : 167 km et 9 560 m D+
Lundi : 10 km en 52 min
Mardi : 17 km en 1 h 38 min
Mercredi : 9 km en 51 min avec ma Puce
Jeudi : 19 km en 1 h 45 min
Vendredi : Repos
Samedi : Repos
Dimanche : Repos
Total de la semaine : 55 km et 2 480 m D+
Lundi : A.M. : 11 km en 52 min
P.M. : 20 km en 1 h 39 min
Mardi : A.M. : 11 km en 55 min
P.M. : 11 km en 52 min
Mercredi : A.M. : 11 km en 53 min
P.M. : 20 km en 1 h 36 min
Jeudi : 8.8 km en 40 min
Vendredi : 10 km en 47 min
Samedi : Repos
Dimanche : A.M. : 12 km en 1 h 45 min
P.M. : 6 km en 35 min avec ma Puce
Total de la semaine : 120,80 km et 3 749 m D+
Ce week-end, c’était au tour d’Elodie de courir. Une première pour elle avec au menu 11 km sur terrain vallonné en pleine nature. Moi de mon coté, je fais office de photographe. Pour une fois que les rôles sont inversés !
Après un départ prudent, elle remonte petit à petit des concurrents pour enfin terminer en 1 h 14. Elle m’avouera que c’était un peu long mais que les paysages étaient magnifiques.
Bravo ma Puce pour ta belle prestation et d’avoir osée ce lancer sur aussi long.
A force de côtoyer des UFO j’ai pris le virus de l’Ultra et j’ai tendance à augmenter mes distances de courses.
Le 1er Janvier 2008, je vois 2 nouveaux postes sur le forum ULTRAFONDUS. L’un était sur la réalisation de 100000 m D+ et l’autre sur la réalisation de 5000 km en une année. Pris au jeu des chiffres, je me mets à augmenter mon entrainement progressivement pour arriver à une moyenne de 100 km/semaine et 2500 m D+/semaine. Me sentant d’attaque pour un Ultra trail, je saute enfin le pas pour m’inscrire sur l’une des 2 courses proposées en France. Pour l’UTMB, ce n’est pas la peine d’y pensé, le temps que je réagisse, il n’y a déjà plus de place. Par contre une nouvelle course vient de se monter et l’engouement est moindre, ça me laisse le temps de la réflexion et un mois plus tard j’envoie enfin mon bulletin d’inscription.
Ca y est, je ne peux plus reculer, je suis inscrit sur une course où je risque de passer 2 nuits à courir, chose que je n’avais jamais faite. Je ne vous cache pas que j’appréhendais un peu mais comme j’aime bien les nouvelles expériences, j’étais tout excité à l’idée de me lancer pour 150 km et 9000 m D+.
Nous voilà déjà à 1 semaine du départ que je passerais avec ma copine Elodie à St Jean de Luz. Je profite de ces vacances pour bien me reposer et accumuler du sommeil. Rien de plus facile, je me mets en mode léthargie total où je passe mes journées à manger, me baigner en me faisant bercer par les vagues et à me faire doré la couenne au soleil. Je dois avoir mon taux de sodium à son maximum à la fin de ces vacances, à force de faire le con dans les vagues, je ne compte même plus le nombre de tasses avalées.
Jeudi 28 Aout, fini de rire, la pression monte un peu, je fais mon sac, refait mon sac pour être sûr de n’avoir rien oublié. J’ai toujours le nez en l’air pour scruter l’état du ciel et ce n’est pas folichon, les montagnes sont engluées dans les nuages. Bon, il faut que j’arrête de tergiverser comme ça, le départ n’est que dans 5 h 00. Pour passer le temps, je pique le magasine Cosmo de ma copine et je me mets à lire les articles. On ne sait jamais, je vais peut être dénicher un truc intéressant. Après 2 heures de lecture philosophique sur la vie de couple et comment avoir une sexualité épanouie, je décide de sortir de ma léthargie en allant manger un bon plat de nouille et des crudités.
Ca y est, je commence à être impatient de partir pour cette aventure. Nous avons le droit à une explication du parcours par les organisateurs, mais je décide de m’éclipser de la salle en pensant
que le parcours sera super bien fléché et qu’il n’y aura aucun souci.
21 h 45, je me retrouve sur la place de Vielle Aure, je tiens une forme olympique, je ne tiens plus en place. Vous ne savez pas pourquoi mais il y a des jours où vous vous sentez invincible où rien ne peut vous arriver. C’était très prétentieux de ma part surtout pour une première de cette envergure mais j’étais très confiant et ça compte énormément pour le mental. A 5 min du départ, j’embrasse Elodie, elle me donne les derniers encouragements et je me place dans la petite foule de coureurs. Nous ne sommes pas très nombreux sur la place, il y a 250 coureurs et autant de spectateurs venus encourager ces êtres bizarres préférant courir que d’aller dormir. Dans le peloton, je retrouve Philippe LABAZUY et je fais la connaissance d’Eric BONNOTTE (je n’ai pas eu l’occasion de lui dire, mais si je suis sur cette place c’est un peu grâce ou à cause de lui que je suis là avec son CR sur l’UTMB 2004 lu sur le magasine ULTRAFONDU. Ca avait l’air tellement magique que depuis ce jour là, j’ai décidé d’allonger mes sorties pour pouvoir enfin participer à mon tour à ce genre d’aventure).
22 h 00, le coup d’envoie est donné, les fauves sont lâchés. Enfin je peux courir, ça fait 1 semaine que je me force à rester tranquille et ça commençait à me manquer. J’ai décidé de suivre un homme d’expérience et avec qui je m’entends bien. Le but c’est de tenir à la culotte Philippe LABAZUY. Les 2 premiers kilomètres se font tranquillement sur la route où les spectateurs nous acclament tel des rocks stars ! C’est vrai j’en rajoute un peu, mais il y a une très bonne ambiance dans les 2 villages que nous traversons. Nous tournons sur la droite après l’église et là commence les premières grimpettes. Philippe me répète de ne pas aller trop vite. Je m’exécute mais j’ai les jambes qui me démangent. Il ne faut pas trop que je m’emballe car nous commençons par un joli morceau dès le départ, 1400 m de dénivelés à avaler pour 11 km. Nous relançons dès que la pente se fait plus douce et 2 h 00 après, nous arrivons déjà au 1er ravitaillement, au col de Portet où une petite foule de supporters nous encourage. Avant de basculer de l’autre coté, je me retourne. Je me rends compte que je suis poursuivit par des dizaines de mineurs équipés de bâtons télescopiques. Je vous le dis, c’est encore une nuit étrange que je vais passer là.
Tous les voyants sont au vert et le ciel vient de se lever, nous avons le droit à une belle voûte céleste.
Nous descendons sur un chemin roulant en direction du lac de l’Oule, nous discutons de tout et de rien et un cri nous sort de notre papotage. On se tourne sur la droite et nous voyons une frontale 300 m plus loin. Il nous dit que nous ne sommes pas sur le bon chemin, qu’il y a de la rubalise sur son sentier. 1er frayeur, nous nous répétons de faire un peu plus attention pour la prochaine fois et de mieux regarder. La descente se poursuit très tranquillement et arrivé à un croisement en amont du lac, il n’y plus de rubalises ni de marquages au sol. Dans le groupe de 6 que nous sommes, il y a quelqu’un qui connaît les lieux et nous dit de prendre ce chemin plein de cailloux et où le ruisseau à l’air de passer. Nous lui faisons confiance et nous nous engouffrons sur ce sentier qui devient de plus en plus technique où le levé de pattes est de mise si nous ne voulons pas brouter l’herbe. Personne n’est bien rassuré, ça doit bien faire 600 m que nous avançons et toujours pas d’indication. Nous commençons à nous poser des questions sur la direction jusqu’au moment ou la tête de notre groupe crie avec un grand soulagement « c’est bon, il y a un marquage au sol ». Pffffff ! ça promets pour la suite, mais nous gardons le moral. Le sentier s’efface de plus en plus dans ces pierriers et il y a une rubalise tout les 500 m, ça devient très difficile de trouver ça trace. Comme un con, j’ai une grosse envie de pisser et au lieu de continuer avec Philippe et le gars qui connaît bien le secteur, je m’arrête pour vider ma petite vessie en prenant bien mon temps pour ne laisser aucune goutte sur mon joli collant Decathlon ! Le temps de remballer les bijoux de familles, je me fais rattraper par 2 gars, j’en profite pour leur emboîter le pas. Je lève la tête espérant voir les frontales de Philippe et du collègue mais rien, pas le moindre faisceau lumineux. Nous essayons de poursuivre notre sentier jusqu’au moment où ce n’est plus qu’escalade à travers les éboulis et toujours sans rubalise. La pause s’impose avec mes deux collègues pour regarder de chaque coté avec espoir de voir une rubalise et soudain nous voyons 2 frontales bien plus à gauche que nous. Nous revenons un petit peu sur nos pas et crapahutons sur les rochers pour récupérer le bon chemin mais toujours pas de rubalise et ça fait 20 min que nous jardinons dans ce pierriers. Nous nous séparons en trois et chacun cherche le chemin de son coté et là je leur crie que j’ai retrouvé un marquage au sol. J’attends mes deux compères et nous voila reparti sur le bon sentier. Juste avant d’arriver au col mes collègues me disent ne pas pouvoir me suivre sur ce rythme sinon, il vont exploser avant la fin, mais moi, j’ai qu’une envie, c’est de rattraper Philippe. Au col de Hourquette Nère, je les laisse et essaye de courir à travers ces pierres plus branlantes les unes que les autres. Tout sur la pointe des pieds tel un félin, j’arrive à passer ces parties technique sans trop de mal et rattrape mon retard sur les 2 frontales de devant. Il me faudra arriver à la cabane d’Aygues Cluses pour les récupérer et cette fois je fais le sermon de ne plus les lâcher d’une semelle. La descente se poursuit toujours sur des dalles de pierres et de racines, moi qui voulais du technique je suis servi mais je m’aperçois qu’avec tout ça, j’ai ½ h de retard sur mes temps de passage. Mais il m’est difficile d’aller plus vite, y’a pas une partie roulante, depuis 20 km nous jouons au chat perché de pierre en pierre et la moyenne horaire n’est pas folichonne. Au loin, nous voyons le ravitaillement de Tournaboup. Avant d’y arriver nous nous perdrons encore une fois. Au ravitaillement je retrouve ma chérie qui nous dit que le premier est passé 20 min plus tôt et que c’est Eric Bonnotte. Je me dis qu’il tient la forme cette année et cela m’étonnerait que nous le revoyions avant l’arrivée.
La suite est plus roulante jusqu’à Luz St Sauveur, nous courons en sous bois sur un terrain souple et les légères bosses se passent tranquillement en courant. Philippe commencera à me dire qu’il
n’est pas dans un super jour et qu’il a du mal dans les montées. La dernière descente avant Luz St Sauveur est très raide, j’essaye de ne pas trop m’emballer pour ne pas me cramer les cuisses. Je
m’amuse comme un gamin sur cette descente. Pour me freiner, je m’accroche aux branches et contrôle mes glissades pour ne pas me retrouver les fesses dans l’herbe.
Après un bref arrêt au ravitaillement de Luz, nous repartons à l’assaut du col de Riou. L’ascension démarre par un bout de route pas très excitant mais ça permet de pouvoir trottiner tranquillement sans faire attention où l’on doit poser les pieds. Au village de Grust, nous perdons la trace. Une flèche au sol nous indique une direction qui nous mène dans un cul de sac. Nous tournons en rond espérant retrouver un sentier et après 20 min de cache cache, Philippe appelle l’organisation. Enfin avec l’aide de l’organisation, nous retrouvons le sentier qui se trouvait à l’inverse de la flèche et de la rubalise. Encore des plaisantins ! Je découvre que ce sont de grand joueur dans les Pyrénées où alors ils ne veulent pas voir arriver 300 gugus fouler leur si jolie terre. La suite du col est très raide mais passe comme une lettre à la poste. Le sommet des montagnes se découvre de plus en plus avec le levé du soleil qui se prépare. J’adore cette instant lorsque les 1er rayons viennent nous caresser, ça me redonne de l’énergie. La descente sur Cauterets sera une formalité à part une pierre plus haute que les autres qui me ferra faire l’espace d’une seconde superman. Plus de peur que de mal !
Il est 8 h 20 et les bénévoles nous disent que nous sommes 7 et 8e. Cool !!! me dis-je en moi, je suis dans le top 10. Mais nous avons fait que 65 km et tout peut basculer dans le bon ou mauvais sens, tout dépend comment on a géré sa 1er partie. Comme c’est ma 1er course de cette envergure, je suis parti très en dedans.
Heureusement, car la suite va s’annoncer folklorique et je vais passer de la 8e à la 4e place sans forcer mais plutôt en ramassant les morts sur le bas coté. La montée de Cabaliros aura été fatale pour bon nombre de coureurs. Plusieurs choses pour expliquer cela : déjà nous courons depuis 10 h, la montée est très seche avec 1400 m de D+ en 10 km et surtout il fait une chaleur à en crever. Nous évoluerons en terrain découvert durant toute la montée. Je prends bien soin de mouiller mon bob à chaque passage de cascades mais moi aussi je vais subir les effets de la chaleur. De plus, je ne me suis toujours pas changé et j’évolue toujours avec mon collant et mon t-shirt manche longue. Je commence à bouillir et à prendre un coup de chaud. Je laisse au sommet de Cabaliros, Philippe qui n’est vraiment pas bien, il a du mal à avancer et commence à parler d’abandon. J’essaye de le motiver mais dans ces moments là, nous préférons être seul. La descente est très laborieuse, je n’ai plus de jus. J’ai soif et je n’ai plus d’eau. Malgré tout ça je récupère 2 coureurs et essaye de les suivre pour garder un bon rythme. Après 3 h 30 depuis le dernier ravitaillement, voila enfin le ravitaillement qui est magnifique. En guise de spectateur nous avons la présence d’une vingtaine de chevaux. L’endroit est paradisiaque. Mais Villelongue est encore loin en contre bas dans la vallée. Je commence à prendre un coup au moral, ça me parait interminable. Je profite qu’un coureur reparte pour lui emboîter le pas. Nous discutons de la difficulté du parcours et chacun est d’accord sur le fait que le parcours est très technique et que ça à dû en surprendre plus d’un. Je traverse une zone de turbulence mentale, je n’ai plus d’envie, un dégoût total de la course. J’ai chaud et j’ai les jambes de plus en plus raide. Je réfléchi aux excuses (souvent bidons) que je pourrai sortir pour justifier mon abandon et je broie du noir sur toute la descente. L’arrivée sur Villelongue se fait sur un état comateux. Je retrouve Elodie et je commence à me plaindre de mon état. Toujours avec son calme et son petit sourire qui me fait tant craquer, elle me rassure et me remotive. J’essaye de reprendre le dessus sur mes idées noires et de bien m’alimenter pour recharger les batteries. Après ½ heure de repos au côté de ma chérie, je décide de repartir. Surtout que normalement c’est la partie la plus jolie du parcours d’après les organisateurs alors rien que pour ça, je me dois de continuer pour vérifier tout ça.
Le départ est très laborieux, toujours en plein cagnard. Je ne rêve que d’une chose c’est de me baigner dans une piscine de coca bien fraîche et d’en boire des litres et des litres, à m’en faire exploser le bide. Le jeu auquel je joue depuis 2 km, consiste à courir d’ombre à ombre quitte à faire des zigzags. Je ne supporte plus le soleil et j’ai l’impression d’avancer à 2 k/m, une vraie tortue. Ce ne doit pas être q’une sensation car un groupe de trois commence à me rattraper. Quelque mètre plus haut, je vois Eric Bonnotte qui redescend sur moi. Tient c’est bizarre, je me dis qu’il va m’annonçais une mauvaise nouvelle, qu’il faut rebrousser chemin car nous nous sommes trompés. Non, rien de tout ça, il me dira qu’il n’a plus de jambe, qu’il a affreusement sommeil et que tout son jardinage passé lui aura pesé sur le mental. Pour m’encourager, il me mettra la pression en me disant : « maintenant Baleine tu es 2e, va falloir assurer ». Mais pendant que nous discutons, mes 3 poursuivants me doublent et j’en profite pour les suivre. Je suis avec un Espagnol qui a la particularité de marcher qu’avec un bâton, Philippe « le breton » parce qu’il avait un drapeau breton sur le dos et un autre collègue dont je ne connais pas le nom. Nous ferons route ensemble jusqu’au ravitaillement d’Hautacam. Je commence à reprendre du poil de la bête et les passages en sous bois me font le plus grand bien. La suite sera d’une beauté exceptionnelle, nous allons traverser plusieurs vallées verdoyantes avec à chaque fois un lac d’une couleur différente. Pas la peine de baladeur MP3, ce sont les vaches qui nous mettent l’ambiance avec leurs énormes cloches. Nous sommes seul au monde au milieu de ces montagnes très imposantes. Je revis et mes soucis physiques et mentaux font partis du passé. Je suis super heureux d’être là, je n’échangerais pour rien au monde ma place. Au ravitaillement d’Hautacam, le groupe de 4 c’est scindé en 2, nous partons en tête avec Philippe « le Breton ». Plus nous montons en altitude, plus l’herbe se fait rare. Ce n’est plus qu’éboulis et pierriers. L’évolution à travers ces rochers est de plus en plus difficile. Le passage du col de Bareilles est très raid, ceux qui n’en auront pas gardé sous le pied vont souffrir. Je suis obligé de manger régulièrement pour éviter les coups de mou. Cette montée me pompe toute mon énergie. Passé ce col, nous basculons sur le lac bleu, l’endroit est si magnifique que je me trouve une pierre pour me poser dessus et contempler les paysages qui m’entourent. Après 2 min de rêverie sur ce lac où je piquerais bien une tête, je descends comme un dérater en contrôlant mes glissades et éviter la chute. Je récupère Philippe « le Breton », nous continuons ensemble jusqu’au prochain col. Je me sens de plus en plus faible et je n’en vois pas le bout dans tous ces cols. A chaque fois nous basculons sur une nouvelle valée. Cette fois nous sommes au lac d’Aouda, que je rebaptiserais la vallée des marmottes. Y’en a tellement qui se chamaillent dans ces pierres que j’en rigole tout seul, on aurait dit moi et ma sœur lorsque nous étions jeunes. Ma jauge énergétique est au plus bas et toujours pas de ravitaillement en vue. Mais c’est drôle, au lieu de me morfondre sur mon état, je suis tellement heureux d’être là que mon énergie pour continuer, ce sont les paysages qui me la donnent. Je suis un malade mental qui ne contrôle plus ces pulsions de curiosités. Je suis toujours impatient de savoir ce qui se passe de l’autre coté du col, de sentir ce vent qui s’engouffre dans cette nouvelle vallée. Heureusement quand même, nous arrivons enfin au ravitaillement de Sencours. Je mange bien pour recharger les batteries.
Nous repartons ensemble avec la frontale vissée sur le crâne. Au premier lacet, Philippe « le Breton » me dit qu’il ne peut plus plier le genou, que ça lui fait un mal de chien. Il remonte au ravitaillement pour abandonner à son tour. Il me laisse seul et la nuit tombe, je suis reparti pour une 2e nuit. J’ai peur de repartir tout seul dans ces éboulis. Je me pose des milliards de questions sur le balisage de la fin de parcours. Je n’aurais sûrement pas le courage de refaire la même chose que la nuit dernière. J’essaye d’évacuer ces mauvaises pensées pour me concentrer sur la descente qui est très délicate. Les pierres se dérobent sous mes pieds, en 2 fois je me retrouve le cul par terre. Je commence à maudire ces foutus cailloux, y’en a partout.
L’arriver à la Mongie se fait sous les acclamations des bénévoles et surtout, j’ai ma Puce qui vient à m’a rencontre pour me serrer dans ses bras et me féliciter pour ma 2e place. Les bénévoles m’attendent comme si j’avais un message important à leur transmettre. Ca faisait 2 heures qu’il n’avait pas vu passer un coureur et ils sont super heureux de s’occuper de moi. Je suis le roi le temps d’1/4 heure où j’ai juste besoin de lever le petit doigt pour être exaucé. Je suis tellement pressé d’en finir, que je ne profite pas assez de ma situation. En repartant de la base vie, les bénévoles me disent d’aller toujours tout droit jusqu’au barrage. Mais forcé de constater qu’il n’y a aucune rubalise et pas de fléchage au sol, je décide de remonter à la base vie demander à un bénévole de me montrer le chemin. Je perd encore 1 h avec ces bêtises et constate que même le bénévole qui m’accompagne jusqu’au chemin aura du mal à le retrouver dans la nuit. Une fois sur le bon chemin, je remarque encore une fois que ce n’est que pierres qui m’attendent mais après 24 h de crapahutage dans les pierres, je dois être plus agile. Je passe très facilement et avec amusement où je saute de pierre en pierre tel un ninja dans la nuit jusqu’au moment où j’en loupe une et je me vautre tel une crêpe. Je me répète d’arrêter de faire le con, c’est ma 2e nuit et je suis moins frais que la première. Je me reconcentre et gravit le col de Bastanet sans trop de problème. C’est dommage qu’il fasse nuit car y’a encore plein de lac qui nous entoure. Au col je retrouve un peu de civilisation qui me rappelle de faire attention dans la descente car elle est très technique. Ce qui y’a de bien dans les Pyrénées, c’est qu’il ne peut pas avoir de polémique sur le fait de savoir si on coupe ou pas les sentiers car c’est toujours tout droit en plein milieu des cailloux. J’ai les cuisses en feu, pas moyen de se reposer, les appuis sont fuyants et instables. Le seul moyen pour se reposer c’est de s’arrêter et ça j’en ai pas envie. Au 138e kilomètres, enfin du sentier roulant à travers les pâturages, je n’en croit plus mes yeux, il n’y a plus de cailloux, simplement un tapis de terre creusé au milieu des herbes. Pour fêter ça, je me mets à courir de plus en plus vite, c’est tellement grisant d’avancer sur un sentier si doux. Avant le col de Portet, je rattrape les 15 derniers coureurs du petit parcours. Ca me redonne de l’énergie et je ne m’arrête que très peu au ravitaillement, juste le temps de laisser mon nom et mon numéro de dossard. La descente sur Vielle Aure est très raide, j’ai les pieds en feu mais c’est du roulant alors on ne va pas se plaindre. A 1 km de l’arrivée, je réalise que je vais finir ma plus longue course de ma vie. Je suis très heureux et je lâche un gros « Yesssssssssss » . J’arrive sur la place du village où 5 bénévoles et ma chérie se gèlent à attendre un type qui s’est amusé comme un fou durant 32 h.
Cette course a vraiment ça propre identité et ne peut être comparée à l’UTMB ou à la Diagonale des Fous. C’est une course très technique du style Trail des Aiguilles rouge mais sur 150 km. Surtout ne changer rien sur le profil de la course ni sur le nombre de ravitaillements, c’est ce qui fait le charme de cette course. Par contre, un meilleur balisage sera le bienvenu pour l’année prochaine car s’était très dur mentalement de se sentir perdu au milieu de ces pierres sans avoir de point de repère.
Encore un grand merci à l’organisation de nous avoir fait découvrir cette si belle région et d’avoir osé se lancer dans l’organisation d’une telle course. Et pour finir, merci aux bénévoles pour leur gentillesse et à ma chérie que j’adore qui ont été des maillons essentiels dans la réussite de ma course.
P.S : je suis désolé, mais cette fois, nous n'avons pas plus de photos. Elodie avait déja assez de s'occuper de moi !
Salut tout le monde,
Ça y est, je l’ai fait !
3 jours après, je refais enfin surface et réalise que je viens de boucler 151 km et 9000 m D+ en une seule étape. Ca a été très dur cette 1er édition car y’a eu de gros soucis de balisages. Y’a eu une partie du parcours qui a été débalisé par des malveillants et d’autres parties qui étaient très mal balisées surtout pour la nuit. Mais j’ai su déjouer les pièges et flairer le meilleur chemin. Malgré tout, j’ai tourné en rond à certain endroit et le moral en prenait un sacré coup lorsqu’il fallait rebrousser chemin. Heureusement, au début, j’étais avec l’ami Clierzou, ça permettait de se remotiver pour continuer.
Lorsque j’arrêtais de regarder mes pieds et les rubalises et que je levais les yeux sur ce qui nous entourait, nous étions en
plein trip Belle et Sébastien avec des lacs somptueux de couleurs différentes suivant l’altitude et l’orientation, des bergers des Pyrénées, des moutons à perte de vue et des ruisseaux cherchant
leurs itinéraires à travers ces multiples rochers.
Je ne connaissais pas les Pyrénées, mais là j’ai été convaincu par la beauté des paysages qui sont restés très sauvage (j’ai croisé des empreintes d’Ours la première nuit et je vous jure, je
n’étais pas bourré). En plus les organisateurs nous ont concocté un parcours très très technique pour que nous puissions nous éclater comme des petits fous. Et pour finir, à chaque
ravitaillement, nous étions choyés par les bénévoles qui étaient toujours prêt à vous aider pour remplir notre poche à eau, à être très prévoyant en nous disant de bien manger car la suite allait
être très dure. Le plus marquant pour moi, ce fut le ravitaillement de la Mongie où les bénévoles n’avaient pas vue passer quelqu’un depuis 2 heures et j’ai cru que j’étais le messie quand je
suis arrivé. J’avais au moins 6 personnes autour de moi pour m’aider à me changer, à me ravitailler et pour m’encourager. Ca m’a vraiment rebooster pour affronter la 2e nuit et les 30 derniers
kilomètres.
Je vous conseille de faire cette course, vous allez en prendre plein les yeux et surtout c’est une course à taille humaine et
très intimiste. J’ai fais les 50 derniers kilomètres tout seul sans aucune frontale derrière ou devant moi.
J’espère que la course va être reconduite l’année prochaine, car des courses comme ça, ça ne court pas les rues. Encore un grand merci à l’organisation de nous avoir fait découvrir cette si belle
région.
Sur les 250 partants, nous sommes seulement 43 arrivants. Je termine 2e en 32 h 00. Cet exploit n’aurait jamais pu se réaliser sans Elodie qui m’a suivi sur pas mal de ravitaillements et qui m’a été d’une grande aide. Surtout à Villelongue, au kilomètre 88 où j’étais pas bien mentalement à cause de la chaleur. J’étais près à jeter l’éponge, je me sentais pas le courage de faire encore 63 km et de passer une 2e nuit en montagne. Mais ma Chérie a su me remotiver, elle croyait en moi, elle m’encourageait à continuer et m’a accompagné sur 500 m pour sortir de cette base vie où il y avait beaucoup d’abandon et dont l’ambiance était morose. Merci ma Puce pour tout ce que tu as fait pendant 2 nuits + 1 journée. Et j’ai adoré ton accueil chaleureux et plein d’amour à la base vie La Mongie, j’avais plus qu’une hâte, c’était de finir cette course pour enfin me glisser dans tes bras plus longtemps.
P.S. : Dans les jours à venir, je vous ferrais un compte rendu de la course, mais là je passe mon temps à dormir. Je ne comprends pas pourquoi. Lol
Je vais finir ma préparation physique cette fin de semaine avec un capital de 3320 km et 87500 m D+ depuis le 1er janvier 2008. J’aborde cette course sans souci physique, j’ai un dos en béton et les genoux qui me laissent tranquille, ce n’est pas comme pour Millau où j’avais mal à un genou.
Mentalement, j’ai la niak et j’ai envie de réussir cette aventure. Ca fait une semaine que j’analyse les cartes et le parcours sur Google Earth.
Carte du parcours : http://www.grandraidpyrenees.com/index.php?option=com_content&task=view&id=58&Itemid=99
Parcours sur Google Earth : http://www.grandraidpyrenees.com/images/stories/GRP.kml
Le parcours sera très technique, pour preuve ce passage que nous allons passer vers 2 h 00 du matin à la frontale. Il va falloir bien faire attention sur le placement des pieds.
Coté matériel, j’ai fini les derniers réglages. Je vais rajouter deux pochettes supplémentaires sur mon sac, l’une servira pour mettre mes temps de passage et l’autre servira pour les
ravitaillements. Je vais essayer de m’arrêter le moins possible aux ravitaillements, juste le temps de mettre de la nourriture dans ma pochette et manger pendant mes périodes de marches dans les
côtes.
Coté logistique, j’ai beaucoup de chance car Elodie va me suivre tout le long du parcours pour me préparer la nourriture et les boissons énergétiques. Elle me sera d’une grande aide surtout dans
les moments durs.
A l’heure d’aujourd’hui, je me prépare mentalement pour cette épreuve. Ma plus grosse crainte pour cette course, c’est le sommeil. Nous partons le jeudi à 22 h 00 et je pense (si tout va
bien !) arriver le samedi vers 2 h 00 du matin, soit quasiment 2 nuits blanches. En plus la 2e nuit, je devrais encore passer un col à plus de 2500 m, ça risque d’être
folklorique. J’essaye d’accumuler un maximum de sommeil avant le jour J et mentalement je me prépare à ne pas craquer devant le sommeil. Je devrais toujours avancer, je n’aurais de cesse de me
répéter cette phrase pendant la 2e nuit.
J’ai tronçonné le parcours en 5 parties pour mieux le digérer mentalement car partir en se disant qu’il nous reste 150 bornes à faire, c’est très difficile de visualiser l’arrivée. Par contre, de
ce donner des petits objectifs de 30 km, mentalement c’est plus facile à gérer. En plus, à chaque fois je retrouverais Elodie.
Vous l’aurez compris je suis fin prêt et impatient d’y être. Si vous voulez voir des photos sur le repérage du parcours, allez voir ce site avec de très belles photos :
http://sentier-libre.blogspot.com
Lundi : 45,3 km en 4 h 53 min
Mardi : A.M. : 21,3 km en 1 h 54 min
P.M. : 20 km en 1 h 45 min
Mercredi : 6 km de marche en 53 min avec ma Puce
Jeudi : A.M. : 11 km en 52 min
P.M. : 20 km en 1 h 39 min
Vendredi : A.M. : 21,3 km en 1 h 52 min
P.M. : 15,1 km en 1 h 16 min
Samedi : A.M. : 33,5 km en 3 h 30 min
P.M. : 10,5 km en 1 h 25 min avec ma Puce
Dimanche : Repos
Total de la semaine : 204 km et 6 796 m D+
J’ai profité de ma 1er semaine de vacance pour courir en long et en travers sur les jasseries de Pierre sur haute.
C’était vraiment bien ! A chaque fois je partais de la maison pour monter sur les hauts plateaux à 1600 m. Au début, je traversais des forêts pour enfin arriver à partir de 1200 m sur des
plateaux de verdure à perte de vue. J’ai profité de ces sorties pour régler les derniers points de mon équipement et j’ai couru en condition réelle, c'est-à-dire avec un sac à d’eau de 3 kg avec
tout le matériel obligatoire.
Le samedi après midi, Elodie était venue me rejoindre en voiture au col du Béal et nous avons grimpé jusqu’à Pierre sur Haute. La fin a été très dure pour elle, le repas de midi a du mal à passer
et j’ai bien cru que les moutons des jasseries allaient avoir à manger. Ah ah ah.
Je suis plus qu’à 2.5 semaines de la course et je vais commencer à refaire du jus. Cette semaine je vais baisser mon kilométrage et ne faire que 130 à 150 km en fonction des sensations pour ne
pas arriver trop fatigué le jour J.
Samedi avait lieu la ronde du canal à Briennon avec au menu : 3 boucles pour les hommes et 2 boucles pour les filles soit 9.4 km et 6.2 km.
C’était la 1ere édition et en plus c’était chez moi, je ne pouvais pas la louper ! Mais cette fois, je n’étais pas tout seul, ma copine Elodie, mon Beau frère Arnaud et son frère Ludovic étaient aussi de la fête. Chacun avait son objectif, entre ceux qui avaient comme but de finir, d’autre qui ne voulait pas ce faire prendre un tour par le Beau frère et moi qui voulait terminer dans les 10 premiers.
Cette fois les supporters étaient venus en force pour venir encourager ce quatuor de choc. Avec Rodolphe en tête de file avec une expérience inégalée en encouragement pour la Chorale de Roanne
qui lui a valu un passage à la télé, je vous le dis ce ne sont pas des amateurs ! et ça se confirme lorsque je vois une banderole énorme avec nos prénom dessus.
Au vue de tout cet enthousiasme, j’ai à cœur de faire une bonne course mais ça
ne sera pas chose facile. Sur la ligne de départ, je vois que les stars du bitume ligérien sont là.
18 h le départ est donné, le groupe de tête composé de 12 personnes part comme un boulet de canon. J’ai du mal à suivre mais j’essaye de m’accrocher au groupe. Après le 1er tour, déjà 3 personnes ont explosé alors que moi je commence enfin à avoir de bonne sensation. J’en profite pour accélérer un peu et me placer 8e. A chaque fois que je passe devant mes supporters, leurs encouragements me donnent des ailes et j’arrive encore à accélérer. A l’entrée du 3e tours, je pète le feu et double encore une personne, je suis 7e et je vois que je peux rattraper le suivant. Ah ah ah, Pac man est en marche ! Entre temps, j’aperçois une fille magnifique, j’en perds ma concentration en reluquant ces jolies fesses. Et je me dis que ça ne peut être qu’une fille que je commence à bien connaître, hi hi hi, c’était ma petite Elodie. Je l’encourage un max et elle, la seule chose qu’elle me dira : « Quoi, c’est déjà toi ! mais on devait se croiser plus loin » Ah ah ah, c’est que j’avais une forme olympique et j’avais de l’avance sur mon temps, pour preuve sur le bord du canal, j’en double encore deux et fini les 9,6 km en 32 min 25 s à la 5e place sur 138.
Elodie finira en 36 min 32 s, Arnaud en 45 min 13 s et Ludovic en 47 min. Bravo à vous trois !
Cette course m’aura permis de revoir Pierre guillaume avec qui je m’entraînais tout au début. Et vu comme il était motivé, je pense bien le revoir sur d’autre course.
Encore un grand merci à tous nos supporters qui ont mis l’ambiance sur le bord du canal.
Lundi : Repos
Mardi : 11 km en 48 min (fractionné 10 fs 300 m en 54s)
Mercredi : 11 km en 50 min
Jeudi : 9,2 km en 40 min
Vendredi : 6.4 km en 29 min
Samedi : 3,6 km d’échauffement + 9.4 km en 32 min 25 s
Dimanche : 20 km en 1 h 37 min
Total de la semaine : 70.6 km et 1 318 m D+